Le saviez-vous ? Toponymie et patois local

Un peu de toponymie ! L’origine des noms et lieux-dits est souvent révélatrice de l’histoire d’une vallée, en voici un petit aperçu !

Le pic de la Ponsonnière : cette dénomination viendrait du dialecte local Pounchoun Nier, le pointu noir !

Le nom des Cerces était surtout connu du côté de Valloir et Mônetier-les bains, son origine viendrait de la géographie même du bassin du lac des Cerces, qui forme un « cirque ». Sachant cela, la pointe des Cerces aurait été baptisée par l’explorateur W.A.B Coolidge, un alpiniste américain né en 1850, qui préféra découvrir les sommets peu connus du Haut-Dauphiné, plutôt que les sommets prestigieux en vogue à l’époque. Il fera notamment l’ascension de la Meije centrale, les Aiguilles d’Arves, le Râteau et Grande Ruine .

La Moulinière : ce nom viendrait de la grande Meunière, celle qui transforme les rochers en poussière comme une meule change le blé dur en farine. Dans la revue mensuelle du Club alpin français du 20 mars 1910 « La Montagne », l’auteur cite : « j’entends encore le brave PAYLE, de Névache, me dire en montant au Pic de la Moulinière et en se garant des nombreuses pierres que le soleil, déjà chaud, faisait pleuvoir sur nos têtes : « Ah ! elle est bien nommée, celle-là, elle en mouline des pierres dans un été. »

Le Lac des Béraudes : Ce nom viendrait de la famille Béraud de Névache, propriétaire de pâturages ; on raconte qu’un jeune berger de cette famille s’était noyé dans ce lac, d’où ce nom de lac des Béraudes. Sur la carte de Sarde (document cadastral du 18ème siècle sur le Duché de Savoie, qui constitue un des plus anciens cadastres d’Europe ) le lac portait le nom de lac Gorimetes.

Le Queyrellin : ce mot viendrait du patois querl qui désigne une herbe très présente sur ces pâturages supérieurs : le carex, une fausse graminée aux brins rudes des régions froides à tempérées. Pour la petite histoire, les roches du Queyrellin étaient parfois appelées à l’époque « Barre du Queyrellin » bien que la dénomination de « barre » ne corresponde pas vraiment à ces cimes dentelées ; l’auteur de la revue nous donne un explication toute autre : « il y a une centaine d’années, le propriétaire des chalets [du Queyrellin] eut de nombreux moutons tués par des éboulements, pour conjurer le mauvais sort, il résolut d’élever une croix dans une brèche proche du sommet du Queyrellin. Les difficultés de transport ne lui permirent que d’y mettre une perche qui subsista, paraît-il jusqu’à ces dernières années ; on l’appela à Névache la barre du Queyrellin. » Les trois petites têtes du sommet étaient nommées les Trois-Frères-Mineurs par les chasseurs de chamois de Névache.

Source :  Revue mensuelle du Club Alpin Français – 6ème année – n°3- 20 mars 1910. « La Montagne -Massif des Cerces et de la Moulinière » par R. Touchon.

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